Clivage important entre les générations d’immigrants

Montréal, 15 mai 2009 – À l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la Fondation Émergence a rendu publics ce matin les résultats d’un sondage mené au Québec par Léger Marketing sur la perception des communautés ethnoculturelles à l’égard de l’homosexualité.

Le sondage met en évidence que les enfants des immigrants ont une perception beaucoup plus positive de l’homosexualité que leurs parents. Pour le président de la Fondation Émergence, monsieur Laurent McCutcheon, ces résultats sont rassurants. « Cela veut dire qu’au regard de l’homosexualité, les enfants adhèrent davantage aux valeurs d’égalité de la société québécoise que leurs parents. Dans le contexte où plusieurs de ces parents sont issus de pays où l’homosexualité est réprimée, il faut se réjouir du fait que les jeunes délaissent certaines valeurs et épousent celles de la société d’accueil ».


Perception du statut de l’homosexualité à l’égard de son d’origine

Quant à la perception du statut de l’homosexualité, 28 % des répondants de première génération croient que, dans leur pays d’origine, l’homosexualité est contraire à la loi, alors que leurs enfants ne sont que 5 % à le croire. Au niveau de la religion, 35 % des immigrants de première génération pensent que, dans leur pays d’origine, l’homosexualité est contraire à la religion, alors qu’ils ne sont que 18 % de la deuxième génération à le croire. Au regard des libertés individuelles, à savoir que l’homosexualité relèverait du choix de chaque individu, 40 % des répondants de première génération sont de cet avis, alors que ceux de la deuxième génération sont 65 % à croire qu’il s’agit d’un choix de chaque individu.

Toujours au niveau de la perception de l’homosexualité dans leur pays d’origine, près de la moitié des répondants, soit 48 % de la première génération, la considère comme une maladie ou une déviation contre 24 % pour leurs enfants. Est-ce que l’homosexualité est une orientation sexuelle comme une autre? Il y a 39 % des répondants de la première génération qui sont de cet avis contre 69 % pour la deuxième génération.


Opinion personnelle à l’égard de l’homosexualité

Après avoir vérifié la perception du statut de l’homosexualité à l’égard du pays d’origine des répondants, le sondage s’est intéressé aux perceptions personnelles de ces derniers. À la question « Diriez-vous que l’homosexualité est une orientation sexuelle comme une autre? », les immigrants de première génération sont 62 % à partager cette opinion, alors qu’on en compte 86 % chez ceux de la deuxième génération. Les deux générations pensent que cette perception serait moins positive dans leur pays d’origine.


Normalité de l’homosexualité

La moitié des immigrants de première génération, soit 50 %, croit que l’homosexualité est normale contre 71 % pour ceux de la deuxième génération.


Avoir un enfant gai ou lesbienne

Comme parent, est-ce que j’aurais honte de dire à ma famille que j’ai une fille lesbienne ou un fils gai? 56 % des répondants de la première génération et 81 % des répondants de la deuxième génération n'éprouveraient pas ce sentiment.


Droit au mariage entre conjoints de même sexe

Si une consultation populaire était tenue auprès des communautés culturelles pour maintenir ou abolir le droit au mariage des conjoints de même sexe, les immigrants de première génération seraient 49 % à voter pour l’abolition. Toutefois, le poids de leur vote serait amoindri par celui de leurs enfants puisque 70 % d'entre eux voteraient pour le maintien de ce droit.


Discrimination quant à l’orientation sexuelle et la religion

La majorité des personnes interrogées, soit 59 % des immigrants de première génération et 74 % de la deuxième génération, sont d’avis que la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle doit être interdite au même titre que la discrimination sur la base des croyances religieuses.


Connaissance des personnes homosexuelles

La majorité des personnes issues des communautés ethnoculturelles interrogées disent connaître au moins une personne homosexuelle, à savoir 68 % pour les immigrants de première génération et 90 % chez la deuxième génération.


Organisme de défense des droits

De manière générale, les immigrants de première et de deuxième génération ne connaissent pas ou ne savent pas s’il y a des organismes de défense des droits des personnes homosexuelles dans leur communauté.


Conclusion

Le sondage a été conduit dans le cadre de la Journée internationale contre l’homophobie initiée par la Fondation Émergence. La campagne de l’année 2009, intitulée l’Homosexualité n’a pas de frontières, est destinée aux communautés ethnoculturelles. De manière générale, la perception des immigrants à l’égard de l’homosexualité est influencée par le statut de l’homosexualité dans leur pays d’origine. On note que les répondants en provenance des pays africains et asiatiques ont une moins grande ouverture à l'égard de l’homosexualité que les immigrants venant de l’Europe de l’Ouest. Selon le président de la Fondation Émergence, « le sondage est tout à fait en accord avec la situation de l’homosexualité dans le pays d’origine, il ne faut pas s’en étonner ni accuser personne. Il faut informer, sensibiliser et éduquer les nouveaux arrivants aux valeurs de notre pays, y compris l’acceptation de l’homosexualité ».


Méthodologie

Le sondage a été réalisé par Léger Marketing, par téléphone, auprès de 500 Québécois de plus de 18 ans issus des communautés ethnoculturelles pouvant s’exprimer en français ou en anglais, entre le 26 mars et le 11 avril 2009. Les résultats ont été pondérés selon le profil d’immigration de Statistique Canada. La marge d’erreur est de plus ou moins 2,6 %, 19 fois sur 20. Les résultats complets du sondage sont disponibles sur le site www.homophobie.org.

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