Bien qu’ils se disent à l’aise avec l’homosexualité,la majorité des Canadiens la comprennent mal

Seulement 54 % des répondants savent que l’homophobie est une forme de discrimination 70 % se disent à l’aise avec l’homosexualité 77 % comprennent que l’homosexualité n’est pas une maladie 30 % croient, à tort, qu’il existe des traitements pour changer d’orientation sexuelle

Montréal, 16 mai 2008 – À la veille de la Journée internationale contre l’homophobie, la Fondation Émergence a dévoilé les résultats d’un sondage Léger Marketing sur la perception des Canadiens et des Canadiennes à l’égard de l’orientation homosexuelle. Fait étonnant : dans un choix de réponses sur la définition de l’homophobie (est-ce que l’homophobie est une maladie, un synonyme d’homosexualité ou une forme de discrimination?), ils ne sont que 54 % à répondre qu’il s’agit d’une forme de discrimination. Le président de la Fondation Émergence, monsieur Laurent McCutcheon, s’est dit néanmoins encouragé par ces résultats « puisque peu de personnes avaient déjà entendu prononcer ce mot avant la première édition de la Journée internationale contre l’homophobie en 2003 ».


Les résultats de ce sondage, réalisé dans le cadre de la campagne 2008 intitulée L’homosexualité n’est PAS une maladie!, démontrent que la reconnaissance de l’homosexualité chez les Canadiens et les Canadiennes est en constante progression. Ainsi, 70 % des personnes interrogées se disent à l’aise avec l’homosexualité, 77 % sont d’avis que l’homosexualité n’est pas une maladie et 76 % pensent que l’homosexualité n’est pas un désordre mental. « Il faut se réjouir de ces résultats positifs dans le contexte où il n’y a pas si longtemps, jusqu’en 1991 en fait, l’Organisation mondiale de la santé considérait l’homosexualité comme une maladie » de dire monsieur McCutcheon.

L’analyse du sondage laisse entrevoir quelques paradoxes. Alors que 77 % des Canadiens estiment que l’homosexualité n’est ni une maladie ni un désordre mental, ils sont quand même 30 %, soit près du tiers, à croire qu’il existe des traitements à la disposition des personnes qui voudraient changer d’orientation sexuelle. Aussi, ils ne sont que 57 % à penser que les spécialistes de la santé mentale doivent aider les personnes homosexuelles à accepter leur orientation sexuelle. Plus étonnante encore est la réponse sur l’importance ou non de dévoiler son orientation sexuelle à son psychologue : à peine 53 % des répondants considèrent que c’est important de le faire.

Il est par ailleurs rassurant de savoir que 79 % des personnes interrogées sont d’avis que les intervenants en santé devraient avoir une formation sur les problématiques liées à l’homosexualité. Si cette réponse semble logique pour la très grande majorité de la population, la réalité est cependant toute autre : peu de professionnels et d’intervenants du monde de la santé reçoivent une formation sur de telles problématiques.

Le sondage démontre que, de manière générale, les femmes et les jeunes ont une attitude plus positive envers l’homosexualité que les hommes et les aînés, et que les Québécois manifestent une plus grande ouverture sur les réalités homosexuelles que les autres Canadiens.

« Les personnes homosexuelles vivant au Canada, et encore davantage au Québec, ont la chance de vivre dans la société sans doute la plus accueillante au monde pour les personnes homosexuelles. Mais il faut constater qu’il reste un nombre important de personnes qui ont une mauvaise compréhension des réalités homosexuelles. La pleine reconnaissance des réalités homosexuelles semble toutefois progresser avec le niveau de connaissance de ces réalités, ce qui est encourageant » de conclure monsieur McCutcheon.

Le sondage a été réalisé entre le 2 et le 9 avril 2008 auprès de 1501 Canadiens et Canadiennes de plus de 18 ans. Sa marge d’erreur est de ±2,6 %, 19 fois sur 20. Le sondage ne tient pas compte de l’orientation sexuelle des répondants. Les résultats complets du sondage sont disponibles sur le site Internet www.homophobie.org.

Enfin, rappelons que la Journée internationale contre l’homophobie du 17 mai est un moment de convergence des actions menées pour lutter contre l’homophobie. Lancée au Québec en 2003, sur l’initiative de la Fondation Émergence, cette journée thématique est maintenant célébrée dans plusieurs pays.

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