58 % des Canadiens sont témoins de propos homophobes dans les médias sociaux

Montréal, le 17 mai 2013 — À l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la Fondation Émergence dévoile les résultats d’un sondage mené par Léger Marketing sur la perception de la population à l’égard de l’homophobie véhiculée dans les médias sociaux. On se rappellera que le thème de la campagne 2013 est Combattez le virus web de l’homophobie dans Internet et les médias sociaux.


Le sondage a été conduit dans les jours suivant la fin de la campagne télévisée du gouvernement du Québec où l’on voyait deux hommes s’embrasser sur la bouche et deux femmes faisant de même. Comme cette campagne a suscité des réactions assez virulentes dans les médias sociaux, la Fondation Émergence a voulu vérifier l’évolution du malaise ressenti par les Québécois devant ce geste. En 2003, dans le cadre d’un sondage semblable, 61 % des Québécois interrogés étaient plutôt mal à l’aise de voir deux hommes s’embrasser contre 52 % qui sont peu ou pas à l’aise dix ans plus tard. Devant deux femmes qui s’embrassent, le malaise s’est réduit de façon notable, passant de 53 % en 2003 à 31 % en 2013.

Le sondage met également en lumière l’ampleur de l’homophobie puisque 80 % des Canadiens et Québécois interrogés ont, dans la vie de tous les jours, déjà été témoins de propos désobligeants à l’égard des personnes homosexuelles ou de l’homosexualité en général.

Une autre question cherchait à mesurer l’ampleur de l’homophobie véhiculée dans les médias sociaux. Ainsi, 42 % de Québécois interrogés ont répondu avoir été témoins de propos homophobes sur Facebook, 16 % sur Twitter et 35 % sur un blogue. Pour l’ensemble du Canada, 58 % des personnes ont répondu avoir été témoins de propos homophobes dans les médias sociaux.

Le sondage s’est aussi intéressé aux facteurs propices à la propagation de l’homophobie dans Internet. Plus du tiers des répondants sont d’avis que l’anonymat des réseaux sociaux constitue le principal facteur de propagation, suivi de la facilité à partager l’information et la tendance à moins s’autocensurer.

Près de la moitié des Québécois (45 %) sont d’avis que l’homophobie ou les insultes et les comportements irrespectueux envers les personnes homosexuelles devraient être punis par la loi contre 31 % pour le reste du Canada.

Le sondage a aussi vérifié la connaissance des mots liés aux réalités de la diversité sexuelle. Si lors de la création de la Journée de lutte contre l’homophobie par la Fondation Émergence en 2003, le mot homophobie était inconnu de la population, la situation est maintenant inversée. 90 % des répondants disent en connaître le sens au Québec et dans le reste du Canada. Quant à la connaissance de l’acronyme LGBT (lesbienne, gai, bisexuel et transgenre), il est connu par 18 % de la population québécoise contre 47 % pour le reste du Canada. Le mot transphobie est pour sa part connu par 26 % des Québécois et par 44 % de la population dans le reste du Canada.

Laurent McCutcheon, administrateur et ancien président de la Fondation Émergence, a commenté le sondage en ces termes : « Ce sondage est encourageant à certains égards. Il démontre que la question homosexuelle n’est plus un sujet marginal ou isolé. On remarque qu’au cours des dernières années, le malaise devant deux femmes qui s’embrassent s’est réduit de façon considérable au Québec et la réticence à voir deux hommes s’embrasser s’est légèrement amoindrie. Toutefois, le sondage met également en évidence l’omniprésence de l’homophobie. Elle connait même un nouveau souffle dans les médias sociaux. Ces outils sont d’ailleurs à double sens, car ils permettent à la fois de combattre l’homophobie et d’en faire la propagation. De plus, comme 80 % des Québécois et des Canadiens sont témoins de propos désobligeants à l’égard des personnes homosexuelles dans la vie quotidienne, il est faux de croire que tout est réglé en ce qui concerne l’acceptation des minorités sexuelles. »


Le sondage a été réalisé entre le 22 et le 24 avril 2013 par le biais d’un sondage web auprès d’un échantillon aléatoire de 1500 Canadiens.

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